Mémo | Formation continue dans l'enseignement primaire (v.5)

25.03.03 - Débattu au Conseil Représentatif le 25.02.03

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La formation continue dans l’enseignement primaire genevois est aujourd’hui en discussion. Si elle reste un droit acquis, elle ne donne pas entière satisfaction ni auprès des enseignants, ni auprès des formateurs, ni pour le système. Les carences actuelles, le manque de cohérence entre les services, des structures et une organisation mal adaptées sont pointées depuis un certain temps déjà par les enseignants de la SPG, et depuis juillet 2002 sont confirmées dans un rapport d’experts mandaté par la DEP (Guy Jobert et M-L Schubauer-Leoni). La Commission paritaire de la formation représente l’instance de référence faîtière à même de négocier toutes nouvelles modalités, aussi il est temps de faire le point sur ce dossier.

Pour rappel, nous trouvons dans le projet pédagogique et politique de la SPG (PPP) déjà quelques grands principes :

S4. La formation initiale et continue

Pour favoriser le développement des compétences des enseignants, ceux-ci doivent pouvoir choisir la formation continue qui leur convient en fonction d’un référentiel bien défini, afin de développer des compétences diversifiées et complémentaires.

La formation continue doit se définir en équipe dans un souci de cohérence et les enseignants doivent pouvoir travailler avec les intervenants de leur choix. [s4.1]

Afin que les formateurs et responsables d’école puissent répondre aux besoins du terrain, il est indispensable que leurs cahiers des charges prévoient des temps de recherche et de formation dans leur domaine d'expertise et dans la formation d’adultes.

Les services de formation doivent être au service des enseignants et des établissements. Les formateurs ne doivent exercer aucune fonction hiérarchique, ni aucune fonction d’évaluation des enseignants à destination de la hiérarchie. [s4.2]

Pour l’école genevoise

De plus en plus de compétences sont attendues du corps enseignant pour faire face à la diversité des tâches à assumer. Les enseignants sont invités à se former individuellement ou collectivement durant 6 journées prises sur temps d’enseignement, dans une perspective de professionnalisation, et produire des effets sur la qualité de l’enseignement. Dans son cahier des charges, le titulaire " a le devoir de parfaire en permanence sa formation ", les professionnels ont donc une obligation de compétences, sont ainsi responsables de s’améliorer mais aussi de rendre compte. A ce propos les discussions devront par conséquent être reprises.

Pour faciliter ces initiatives, la création d’un véritable Centre de Ressources pour la formation continue et l’accompagnement est nécessaire, avec une direction scientifique, des formateurs suffisamment formés, en lien avec l’Université, les enseignants et la DEP. Un référentiel de compétences doit être reconnu pour penser la formation dans son articulation générale au métier.

De plus, une place doit être donnée à la recherche autant pour les formateurs que pour les enseignants, de manière à capitaliser et archiver la connaissance produite, et lier théories et pratiques pour obtenir un impact réel dans les classes.

Pour les enseignants

Il est primordial de différencier l’offre de formation selon les besoins, afin qu’elle réponde aux problèmes rencontrés par les enseignants. De plus Il s’agit de rendre la formation plus adéquate, notamment pour les nouveaux enseignants issus de la LME. Il est souhaitable que la formation continue se définisse principalement en équipe dans un souci de cohérence au sein des écoles.

On peut distinguer deux modalités générales, en fonction de l’orientation prise par la formation continue depuis deux ans :

  1. Un travail au niveau des écoles, en lien avec le projet ou le plan de travail, avec une réelle prise en compte de la réalité locale, des besoins des enseignants, un accompagnement de la formation sur le terrain, dans les classes et un suivi à plus long terme (deux ans). L’explicitation des pratiques, la réflexion commune, l’action pédagogique sur le terrain, puis le retour à l’analyse des pratiques devrait permettre de construire réellement des compétences nouvelles. Ce travail peut être animé entièrement par des formateurs, en lien avec les responsables d’école (ou d’autres personnes appartenant à l’école). Il peut également être conduit par l’école, avec des interventions ponctuelles de formateurs. Il serait intéressant d’envisager l’articulation d’un rendre compte avec les besoins de formation.
  2. Des formations personnelles permettant de répondre aux besoins spécifiques des enseignants. Ces formations peuvent être conçues sous forme de cours, cours pris à l’extérieur du dispositif de formation continue de l’enseignement primaire, d’accompagnement individuel ou par petit groupe, de projet indépendant (individuel ou collectif).

A cela peut s’ajouter d’autres ressources qui permettent aux enseignants d'interroger le métier, d'apprendre et de développer leurs pratiques comme par exemple: l'accompagnement, le travail en réseaux, l'encadrement des stagiaires, l'articulation formation initiale et formation continue, ou encore le travail syndical, etc.

En résumé, pour favoriser le développement de ces compétences, les enseignants doivent :

  • Obtenir des formations individuelles ou collectives selon les besoins, négociées avec le futur Centre de Ressources.
  • Pouvoir garder une part de la formation sur temps scolaire.
  • Obtenir que les différents services offrent une meilleure cohérence entre eux (notamment entre les didactiques et l’évaluation).
  • Pouvoir choisir la formation continue qui convient en fonction d’un référentiel bien défini.
  • Pouvoir faire appel aux formateurs ou à un accompagnement de leur choix, y compris auprès de chercheurs de l'Université.
  • Intégrer une pratique réflexive, une pensée critique en vue d’un perfectionnement des pratiques.
  • Faire comprendre que la formation ne se réduit pas à une seule logique de recyclage vertical qui déqualifie encore trop souvent le corps enseignant.
  • Pouvoir obtenir l’attribution d’enveloppe financière au niveau d’une école ou d’un réseau régional.
  • Tenir à jour un portfolio qui rend compte des parcours de formation.

Une validation

Une validation officielle valorise la profession. En refusant toute idée de salaire au mérite, la reconnaissance sociale de la profession exige néanmoins de chaque enseignant la prise en charge de sa formation continue. Un document officiel, qui peut prendre la forme d’un portfolio, doit pouvoir en rendre compte. Il peut devenir un outil pertinent pour rendre visible l’expérience et les parcours de formation choisis.

Un système d’attestation des formations suivies devrait être développé, pour passer d’une logique " d’attestation de présence " à une forme de validation.

  • Définir clairement les destinataires d’une démarche de validation.
  • Refuser toute idée de jugement de valeur d’une formation à travers les résultats des élèves.
  • Refuser toute idée de certification ou justification de ce qui est fait.
  • Encourager les équipes à définir collectivement un projet de formation.
  • Refuser toute idée de certification ou justification de ce qui est fait.
  • Obtenir une reconnaissance des acquis antérieurs et extérieurs à l’institution (pour les suppléants par exemple).
  • Obtenir aide et accompagnement dans tout type de démarche de validation.

Pour les formateurs

Il est de plus en plus difficile de concevoir un formateur comme un enseignant expérimenté qui sort de sa classe pour quelques années (enseignant détaché), bien que cette formule ne soit pas à exclure afin de garder le sens des réalités du terrain. La profession de formateur implique à la fois des connaissances théoriques plus approfondies dans un domaine de formation et des compétences dans le domaine de la formation des adultes. Discuter autour d’un statut spécifique pour les formateurs est aujourd’hui d’actualité.

Il est toutefois indispensable de continuer à recruter des formateurs parmi les enseignants. D’une part, ces personnes ont une expérience du métier précieuse pour proposer ensuite des contenus et des modalités de formation pertinents pour les enseignants ; d’autre part, cela contribue à rendre la profession d’enseignant attractive, en augmentant les possibilités d’évolution de carrière et de mobilité.

Néanmoins, la formation de ces nouveaux formateurs doit impliquer une formation " en cours d’emploi ". Des liens avec l’université, la mise en place de recherches-actions, l’apport de la recherche représentent des formules intéressantes sur le plan de la formation des formateurs, et des bénéfices possibles pour les écoles.

Pour les formateurs, quelques principes doivent être retenus:

  • Admettre que les formateurs n'exercent aucune fonction hiérarchique, ni n’exercent de fonction d’évaluation des enseignants à destination de la hiérarchie.
  • Obtenir que les services de formation soient au service des enseignants et des établissements.
  • Définir un statut adapté de formateur.
  • Obtenir une formation scientifique dans le domaine de leur spécificité et dans celui de la formation des adultes.
  • Créer des postes et prendre en compte la spécificité de formation que présente la construction et l’accompagnement de projets d’établissement.
  • Favoriser et développer l’intervention en établissement.
  • Participer aux démarches de recherche-action en lien avec l’université.
  • Faciliter les formateurs qui souhaitent redevenir enseignant.
  • Proposer des modalités qui garantissent la qualité de la formation.
  • Rendre lisible un cahier des charges du formateur et devenir partenaire dans la rédaction de ce dernier.
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