L'école mérite mieux qu'un débat basé sur des chiffres…

Olivier Baud
Président de la Société pédagogique genevoise
Paru dans la Tribune de Genève, samedi 14 février 2004

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L'ensemble du corps enseignant primaire a pu participer à notre vaste débat sur les options souhaitables du contre-projet à l'initiative pour le maintien des notes et 498 enseignant-e-s primaires ont donné leur avis sur la situation professionnelle des enseignant-e-s, par le biais de l'enquête érasm.

Les adversaires du contre-projet se lancent dans une bataille autour de l'interprétation des chiffres aussi stérile que malhonnête. Je ne me laisserai pas entraîner sur ce terrain. Je sais que la population et les enseignants ne sont pas dupes et qu'ils ont compris qu'une comparaison entre la récente enquête érasm et notre consultation pourrait certes paraître flatteuse si elle n'était avant tout ridicule.

En effet, il n'y a aucune commune mesure entre une enquête comportant plus de 50 questions, conduite en partenariat par une commission paritaire et un institut de sondage professionnel, et un vaste débat décentralisé tel que nous l'avons organisé, destiné avant tout à dégager la tendance qui nous mènera vers un contre-projet rassembleur.

La différence entre les deux démarches est sûrement à l'image de leurs coûts respectifs… S'il fallait absolument leur trouver un point commun, c'est bien le succès qu'elles ont toutes deux rencontré que je mettrai en avant. Il est peut-être utile que je rappelle que notre consultation n'a souffert d'aucune contestation avant la parution des résultats. Elle s'est donc déroulée normalement et les commentaires que nous avons reçus étaient tous élogieux: ils saluaient l'esprit d'ouverture, la volonté de clarifier le débat et le courage dont faisait preuve le syndicat à cette occasion.

Ce qui est cocasse dans cet épisode, c'est que nos adversaires, en portant aux nues l'enquête érasm et en dénigrant notre consultation, semblent oublier que la SPG était fortement impliquée dans les deux démarches. Ainsi, par exemple, le bon taux de retour des questionnaires de l'enquête n'est pas étonnant puisque nous avons voulu et obtenu que les envois soient individuels, qu'ils comportent une enveloppe pré-affranchie et que des lettres de relance - que j'ai moi-même cosignées! - soient envoyées aux personnes désignées aléatoirement.

Point n'est besoin d'épiloguer plus longtemps. Puisque l'enquête érasm suscite tant de commentaires, il est normal de laisser la parole à ses auteurs, Madame Anya Ensmann et Monsieur Massimo Sardi. A cette fin, je me permets de renvoyer les lecteurs à leur lettre ("Le malaise des enseignants a plusieurs causes") du 3 février 2004 parue à la rubrique "courrier des lecteurs" de la Tribune de Genève du 6 février 2004. Leur missive est éloquente et corrobore parfaitement l'avis de la SPG, maintes fois exprimé.

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