L'ARLE a déjà perdu

Olivier Baud
Président de la Société pédagogique genevoise
Paru dans la Tribune de Genève, lundi 3 mars 2003

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Comment peut-on sérieusement penser que l'ARLE ait marqué le moindre point? (TG du 19 février). Il n'y a rien d'autre à voir dans la version édulcorée de la motion 1442 qu'un clair désaveu des thèses de cette association (et peut-être aussi le besoin irrépressible des radicaux de faire feu de tout bois). La motion 1442 a été concoctée dans la précipitation en février 2002, par des radicaux mal remis de leur éviction au Conseil d'Etat, et particulièrement peu inspirés. Elle reprenait largement les cogitations de l'ARLE, à peine née, utilisant le même jargon. Le seul but visé était de figer l'école, de stopper la Rénovation du primaire. La commission de l'enseignement et de l'éducation du Grand Conseil a bien évidemment jugé le texte irrecevable.

Aujourd'hui, après moult délibérations, la version de la motion proposée, qui reste de toute façon très discutable, est complètement dénaturée, ce qui n'est pas très étonnant vu que le parti radical est prêt à toutes les concessions afin d'obtenir le soutien des autres partis de l'Entente. Il n'empêche qu'ainsi l'ARLE, après le lancement de son initiative, se voit encore une fois refuser le seul appui qui aurait pu venir du côté du politique.

L'ARLE a déjà perdu, et ferait peut-être mieux, pour sauver les meubles - et être à même de continuer son œuvre de destructuration de l'école publique - de retirer son initiative. Même si cette dernière aboutissait, il est maintenant évident que la votation, dans 2-3 ans, se jouerait autour d'un prévisible contre-projet, forcément insatisfaisant pour l'ARLE (et pour nous aussi!). L'ARLE a déjà perdu, mais malheureusement, à cause de toutes ces turpitudes, on ne sait pas encore quand l'école, elle, sortira véritablement gagnante…

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